Le week-end du 24 et 25 octobre 2026, alors que nous passons à l’heure d’hiver, nous invitons tout le monde à ralentir le rythme pendant 25 heures. Ce changement de saison marque un moment naturel de ralentissement. Pourtant, notre économie va dans la direction opposée, exigeant une disponibilité, une production et une consommation constantes. Les conséquences sont visibles partout : augmentation du burn-out, de l’épuisement et de la solitude, inégalités croissantes et écosystèmes poussés au-delà de leurs limites.
Les crises mentales, sociales et écologiques sont étroitement liées. Elles sont le résultat d’une économie axée sur l’extraction et le PIB plutôt que sur le bien-être. Il ne s’agit pas d’échecs individuels, mais des signes d’une société qui ne cesse de rechercher « plus fort, mieux, plus vite, plus puissant », épuisant ainsi les personnes et la planète. SLOW UP n’est donc pas un appel à prendre soin de soi à titre individuel, mais une invitation à ralentir collectivement.
Mais la question est aussi : qui a réellement le temps de faire une pause ?
Les femmes assument encore environ les trois quarts du travail de soins non rémunéré dans le monde. De nombreux travailleurs en situation précaire jonglent entre plusieurs emplois sans avoir guère de contrôle sur leur temps. Pour les migrants, les travailleurs postés ou les parents isolés, le repos est souvent un luxe plutôt qu’un droit. Même dans les sociétés riches, le temps est réparti de manière inégale. Le travail est de plus en plus précaire, la pression liée à la performance de plus en plus constante, ce qui laisse moins de place au repos ou aux liens sociaux.
Dans le même temps, la consommation est présentée comme un réconfort face à l’épuisement.
Le cycle est bien connu : plus nous travaillons dur, moins nous avons de temps, et plus nous consommons pour combler ce vide. Jeunes et moins jeunes sont pris au piège d’une culture du « jamais assez » et d’un individualisme radical.
Résultat : nous courons plus vite que nous-mêmes et que la planète. Nous ne respectons pas l’Accord de Paris, nous frôlons les 1,5 °C de réchauffement climatique et avons déjà franchi six des neuf limites planétaires. Parallèlement, les droits de l’homme et la santé mentale sont mis à rude épreuve partout dans le monde.
La bonne nouvelle : tout n’est pas perdu. Ces crises sont le résultat de choix délibérés — et nous pouvons en faire d’autres. Les choses peuvent s’améliorer . Comme l’a si bien dit Margaret Mead : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens réfléchis et engagés puisse changer le monde ; en effet, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait. »
Les manifestations amplifient les préoccupations communes et signalent aux décideurs qu’un changement est nécessaire. L’activisme prend de nombreuses formes. Parfois, il est bruyant et urgent, parfois discret et doux. Nous pensons que les deux sont nécessaires. SLOW UP dans cette démarche plus douce : une forme d’activisme qui cherche à jeter des ponts plutôt qu’à polariser. Il réintroduit également quelque chose qui fait souvent défaut dans l’activisme : la joie et le repos.
Bon nombre des crises actuelles ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’idées que nous avons cessé de remettre en question : la croissance sans fin, l’efficacité prime sur la bienveillance, la quantité prime sur la qualité, et la maximisation du profit prime sur le commerce équitable.
Slow Up for Humanity chacun à réfléchir à cette série de questions : qu’est-ce qui rend une vie digne d’être vécue, et comment pouvons-nous rendre cette vie accessible au plus grand nombre ? Qui a le temps de se reposer ? Qui décide de ce qui est considéré comme productif ? Et qui profite d’un monde dans lequel tout et tout le monde doit être constamment disponible, productif et consommateur ?Que pourrions-nous gagner si nous accordions à nous-mêmes et à la Terre davantage de temps pour se reposer et se régénérer ?
Les études confirment que la plupart des gens aspirent à une société humaine sur une planète viable ; pourquoi alors laissons-nous les décideurs politiques aller dans la direction opposée ?